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LE BANDONÉON

Son histoire







Cet instrument, dont l'origine remonte en Europe au milieu du XIXe siècle, est l'un des membres de la vaste famille à laquelle appartiennent aussi les différents types d'accordéons et de concertinas. Le principe des anches libres déjà exploité en Asie depuis l'antiquité (Zheng chinois, Sho japonais) a peut-être été l'inspirateur de cette nouvelle famille d'instruments.

Devenu emblêmatique du tango, il n'a en réalité rien d'argentin mais a été inventé et fut toujours fabriqué en Allemagne. Proposé à la vente dans un modèle très sommaire par Heinrich Band dès 1844 les premiers instruments n'offraient que peu de possibilités.
Utilisés de manière monodique ou comme guide chant ils ne pouvaient jouer toutes les notes chromatiques que par un système compliqué où certaines notes étaient émises en ouvrant et les autres sur les mêmes boutons en fermant. Ce principe, qualifié de bi-sonore, est toujours toujours le même bien que l'instrument popularisé et exclusivement fabriqué pour le marché Argentin dès la fin du XIXe offre maintenant toute la gamme chromatique tant en ouvrant qu'en fermant.

Le modèle à 142 touches "rheinische tonlage" utilisé depuis toujours pour le tango (dont le mythique Doble A de la firme Arnold) fut ensuite simplifié pour le marché européen selon une organisation proche de l'accordeon (une même note en ouvrant et en fermant) dès le succès triomphal de la tournée de Francisco Canaro à Paris en 1910 qui fit du tango une des danses les plus en vogue des années folles. Ce nouveau bandoneon dit "uni-sonore" n'est utilisé qu'en Europe.

Le bandonéon argentin, riche de près de cinq octave, de différents timbres organisés selon des registres "vocaux" et d'une technique de soufflet spécifique permettant des nuances très variées, a connu une période de gloire et des heures sombres.

Après avoir fait danser plusieurs dégénérations grâce à des artistes tels que Pedro Maffia, Pedro Laurenz ou Anibale Troilo, il connut une disgrâce qui dura jusqu'à la fin de la dictature militaire. Aujourd'hui, le tango et la musique de bandonéon est plus faite pour le concert que pour la danse, métissée de jazz, et doit sa renaissance à des artistes d'exception tels que Astor Piazzolla, Leopoldo Fedederico, Rodolfo Mederos, Nestor Marconi ou Juan Jose Mosalini.

Michel Quagliozzi, octobre 2012