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FRANçOIS-ANDRÉ DANICAN PHILIDOR

1726 -1795




Un article très complet de Nicolas Dupont-Danican Philidor

> Société d’études philidoriennes
Fondée par Marcelle Benoit en 1988
Secrétariat : 13 rue des Vagans
76540 Elétot

François André DANICAN PHILIDOR, un des créateurs de l'Opéra-comique et le plus grand joueur d'échecs de son temps.

Né le 7 septembre 1726 à Dreux, seul fils du second mariage d'André DANICAN PHILIDOR avec Élisabeth LEROY.

À l'âge de 6 ans, il est reçu page à la Chapelle du Roi à Versailles, sous la direction de Campra. En août 1738, il exécute un Motet à grand chœur de sa composition, devant le Roi, à Versailles. C'est avec les musiciens de la Chapelle qu'il s'initie aux échecs, dominant aussitôt ces vétérans du noble jeu.

Sorti des pages en 1740, il s'installe à Paris où, pendant cinq ans, il copie des partitions, donne des leçons de musique et joue aux échecs. Il fait exécuter chaque année des motets à Versailles. Le 15 août 1743, l'un d'eux est entendu pour la première fois au Concert-Spirituel. Il gagne en 1744 sa première partie d'échecs sans voir au Café de la Régence contre l'abbé Chenard.

Rousseau, qu'il a rencontré au café Maugis, lui demande de l'aider pour la composition des Muses galantes, mais la disproportion des talents est montrée du doigt par Rameau qui ridiculise le philosophe. La collaboration cesse brutalement le 9 juillet 1745, ce qui n'empêchera pas Rousseau de reprendre une ariette de Philidor pour son Devin de Village en 1763.

En octobre ou novembre 1745, il quitte la France pour neuf ans. Son don prodigieux pour le jeu des échecs le met alors en présence de hauts personnages qui s'intéresseront à lui. Il séjourne à Rotterdam, La Haye et Amsterdam, où il rencontre le prince de Waldeck. Invité en Angleterre, il passe en 1747 à Londres où il se mesure au Syrien Stamma, le grand maître reconnu des échecs, suprématie qui ne dure pas devant le Français. L'année suivante, il est reçu en Allemagne : Aix-la-Chapelle où il rédige son Analyse des Échecs et où il rencontre Lord Sandwich. À Eindoven, il rencontre le duc de Cumberland. Il rentre en Angleterre en 1749, séjourne à Londres et y publie son Analyse, avec l'encouragement substantiel du fils cadet du Roi George II. Mais en 1751, invité par le Grand Frédéric en Prusse, il séjourne à Potsdam, puis à Berlin, où le mathématicien Euler tente de le rencontrer. Mais il ne se contente pas d'étonner les Prussiens avec trois parties d'échecs simultanées sans voir. Il prend le temps de s'initier à la musique allemande, contrebalançant ainsi le goût que Campra lui avait inculqué pour les maîtres italiens.

Il revient à Londres en 1752. Apprenant que la Cour de Louis XV offrait un poste de surintendant de la Musique du Roi, il rentre en France en novembre 1754, mais n'obtient pas le poste. C'est de 1755 que date sur l'échiquier une suprématie reconnue par son maître, le sire de Légal, heureux de saluer en Philidor son successeur méritant.

À partir de 1756, Philidor produit régulièrement les opéras-comiques et opéras qui l'ont rendu célèbre comme compositeur.

Il épouse en 1760 à Paris sa cousine Angélique Henriette Élisabeth RICHER, fille de François Joseph RICHER, chantre de la Chapelle et de la Chambre du Roi, compositeur de cantates et de motets, surintendant de la Musique des ducs d'Orléans et de Chartres, et de Marie Élisabeth LEROY, musicienne ordinaire du Roi. Ils eurent sept enfants, dont cinq survécurent.

Le 23 mai 1770, le chœur du premier acte d'Ernelinde est au programme des festivités du mariage du Dauphin, futur Louis XVI avec Marie-Antoinette.

En juin 1771, Philidor s'embarque pour l'Angleterre avec toutes les recommandations de Diderot à l'intention du docteur Burney. Il y retrouve le comte de Brühl, envoyé de la cour de Dresde, qui l'encouragera à revenir à Londres chaque année pour jouer aux échecs.

En 1773, Philidor retourne passer un mois à Londres.

Le 11 décembre, pour le mariage du comte d'Artois, futur Charles X, avec Marie-Thérèse de Savoie, Ernelinde est donnée à Versailles avec une pompe extraordinaire, rassemblant quatre cents grenadiers à cheval !
En 1774, un club d'échecs se crée à Londres à proximité du palais de Saint-James, offrant à Philidor des conditions de séjour séduisantes. Jusqu'à la fin de sa vie, il sera fidèle au vœu de ses amis anglais, membres des instances dirigeantes du pays, qui l'accueillent chaleureusement durant chaque saison, période qui s'échelonne le long des cinq premiers mois de l'année, pendant lesquels siègent les parlements et que se donnent les principales festivités mondaines et théâtrales.

Le 4 juin 1777, paraît la deuxième édition de son Analyse du jeu des échecs, remaniée et agrémentée d'une gravure de Bartolozzi.

Diderot lui écrit le 10 avril 1782 pour le mettre en garde contre le danger que les parties sans voir font courir à son cerveau. Mais celui-ci, se sentant en bonne forme, n'hésite pas à jouer devant un nombreux public admis à assister à des parties annoncées dans les journaux londoniens. On connaît ainsi la date du 25 mai, où il réalise une de ses premières exhibitions publiques d'échecs.

On a pu penser que c'est au cours de son séjour en France en 1792, qu'il se serait rallié à l'idée d'un gouvernement républicain, mais la seule lettre que nous ayons de lui à cette époque montre qu'il craint la guerre civile et les massacres et regrette que les membres de la noblesse ne se soient pas présentés plus tôt aux élections primaires. En janvier 1793, il part pour la dernière fois pour Londres, muni d'un passeport obtenu en décembre. Le 28 mars paraît un décret de la Convention : considéré comme émigré, il risquait fort l'échafaud s'il rentrait en France. Il s'élève vigoureusement contre cette situation, mais il ne pourra jamais remettre les pieds sur le sol français. Le 13 avril, il joue sa seule partie publique de l'année, contre le célèbre chevalier d'Éon. En 1794, il donne quatre parties publiques et neuf en 1795.

Le 31 août 1795 dans son logement, 10 little Ryder street à Londres. Il est inhumé à Saint-James de Piccadilly le 3 septembre.

LISTE DES OEUVRES DE PHILIDOR
Toute la liste à découvrir ci-dessous

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- 3 motets, 1738
- Motet, 1743
- Motet en « musique latine », fin 1752 ou début 1753
- A Hymn to Harmony for St Cecilia's Day, motet à grand chœur, 1754
- Lauda Jerusalem, motet, 1754
- L'Art de la Modulation, six quatuors, 1755
- Motet et Te Deum, 1755
- Le Diable à Quatre ou la Double Métamorphose Opéra-ballet, 1756
- Le Retour du Printemps, révision du ballet de Charpentier, 1756
- Te Deum pour la naissance du comte d'Artois, 1757
- Les Pélerins de la Mecque, opéra-comique en vaudevilles, 1758
- Blaise le Savetier, opéra-comique, 1759
- Diligam te, motet à grand chœur, 1759
- L'Huître et les Plaideurs ou le Tribunal de la Chicane, opéra-comique, 1759
- Le Quiproquo ou le Volage fixé, opéra-comique, 1760
- Le Soldat magicien, opéra-comique, 1760
- Le Jardinier et son Seigneur, opéra-comique, 1761
- Le Maréchal ferrant, opéra-comique, 1761
- Le Triomphe du Temps, 1761
- Sancho Pança, Gouverneur dans l'Isle de Barataria, opéra-comique, 1762
- Le Bûcheron ou les Trois Souhaits, opéra-comique, 1763
- Ariette pour le Devin du Village, intermède de Rousseau, 1763
- Les Fêtes de la Paix, divertissement scénique, 1763
- Le Sorcier, opéra-comique, 1764
- Requiem pour Rameau, 1764
- Tom Jones, opéra-comique, 1765
- Six ariettes composées pour le roman : Histoire amoureuse de Pierre Lelong et de sa très honorée - dame Blanche Bazu, 1765
- Douze ariettes périodiques, 1766
- Ernelinde, opéra, 1767
- Le Jardinier de Sidon, opéra-comique, 1768
- La Chasse, symphonie, 1768
- L'Amant déguisé ou le Jardinier supposé, opéra-comique, 1769
- La Rosière de Salency, comédie, 1769
- La Nouvelle École des Femmes, opéra-comique, 1770
- Motet, 1770
- Le Bon Fils, opéra-comique, 1773
- Te Deum, 1773
- Mélide ou le Navigateur, opéra-comique, 1773
- Berthe, comédie héroï-pastorale, 1775
- Les Femmes vengées ou les feintes Infidélités, opéra-comique, 1775
- Carmen saeculare, oratorio profane, 1779
- Persée, opéra, 1780
- Le Dormeur éveillé (douteux), opéra-comique, 1784
- Thémistocle, opéra, 1785
- L'Amitié au Village, opéra-comique, 1785
- Te Deum, motet à grand chœur, 1786
- La Belle Esclave, opéra-comique, 1787
- Le Mari comme il les faudrait tous, opéra-comique, 1788
- An Ode on His Majesty's Recovery (Ode anglaise), 1789
- Te Deum et Domine salvum fac regem, motets à grand chœur, 1789
- Canon scientifique, 1789
- Bélisaire, opéra-comique inachevé, 1795
- Protogène, inachevé, 1795

 

ICONOGRAPHIE
- Cochin 1771 (en haut)
- Saint-Aubin 1772
- Bartolozzi 1777
- Pajou 1783

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